vendredi 14 janvier 2011

QUATRE POÈMES POUR JENNY

                                   À toi,  Jenny.






1. 


Me trompais-je ou ce corbeau me ressemblait-il?  Il criait puis il répétait qu'il criait puis il  s'éloignait. Pour toujours, Jenny.


2.

Seule donc. Même sans le ciel au-dessus d'être seule. La solitude est ainsi, frivole, indépendante. Tu oubliais c'était bien. Tu réapprenais ton prénom soigneusement. Tu recommençais à le savoir par cœur.


3.
 
Et moi et mes ailes noires, mademoiselle ? Tu te cognais contre un nouveau cœur, tombais dans des bras. Moi ? J'oubliais aussi, ramant, ramant, souquant le néant, criant parfois un peu de temps un peu de distance. Mais jamais corbeau ne se cogne. Contre aucun nom, contre aucun pays. Aucun soi-même, Jenny, aucun soi-même. Jamais corbeau ne se cogne.

4.

Il était difficile d'assumer ma fonction : être un nom pour le ciel vide.

1 commentaire:

  1. Oui...

    Cela me laisse dans une coloration 100 % végétale...

    Une sorte de brume infinie, à peine teintée de désespérance, de la neige et des bois noirs, du silence.

    Un silence contagieux,
    Comme celui

    Des bibliothèques

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