jeudi 13 octobre 2011

SUITE FRANCAISE

v.  DEUX AIRS GRAVES      à la mémoire de Dominique Autié.

1.  en songeant à Georges Bataille                                            

Il se fait tard. Et deux bras 
inutilement charnels
Tirent ce qui fut robe

pour qu'on revienne danser
dans le salon détruit.

2.  en songeant à une photographie de Georges Bataille

Il se fait tard et deux bras
inutilement tendus
renversent la nuque, pour la tirer
de force vers l'avant.

          Dans ce mouvement
          Le blanc de l’œil
          Retarde le crâne






VI.  GIGUE EN DIALOGUE     à la mémoire de mon grand-père Léon.


- Tu l'as connue toi la Jamais ?
- Ben non et toi ? Tu l'as connue la Jamais ?
- Moi je dis la Jamais, c'est la Jamais.
- Pour sûr et vous mon yeutenant,
Vous l'avez connue la Jamais ?
- Putain bouchez-vous les oreilles, ça va péter.





VII.  PASSACAILLE       pour Minou.


Tu l'as connue enfant ?
Alors c'est la Jamais.
Sa robe frôle, jadis.


Son nom, sa mémoire,
Sa bouche épuisée
Avant de faire mots ?


Alors c'est la Jamais.

Et qui ressemble ? - Personne.
La robe, le rare, le nuage
Passent sans jamais aller ?


Alors c'est la Jamais.


Voici le reste de cela.
Tu l'as connue enfant
A Auteuil, rare et rouge un hiver ?


Alors c'est la Jamais.


Et qui ressemble ? - Personne.
Nos bouches, pour toujours
Inconnues l'une à l'une,


Passeront, sans jamais être allées.  (ad lib.)










 



  

1 commentaire:

  1. Je suis bien aise que vous vous défaisiez de cela
    Mieux vaut tard que jamais

    Enfin, bien aise... pour vous
    Voyez-vous, tout ce qui affleure là, c'est si...
    Mais il n'y a que vous qui pouviez le faire
    Mieux vaut tard que jamais
    Car pour moi, je suis curieuse de savoir où cela
    vous laisse.
    Je sais, sur ce grand rivage, cette plage

    Parler ou feindre, c'est tout un, c'est cela ?
    Quel courage.

    Enfin, Auteuil, c'est le paradis des enfants perdus.

    Amitiés, je suis avec vous de coeur

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