mardi 29 novembre 2011

NIHIL AUT PAUCA

     C'était connu. Le 14 juillet 1789, de retour de chasse, le trente-deuxième roi capétien ouvrait son journal. Il y notait : " Rien." N'hésitiez pas à me corriger là-dessus, je citais de mémoire. Eh bien aujourd'hui rien. Mais je ne recommencerais  pas à écrire " aujourd'hui rien ". Je comptais séparer le Blog de toute forme d'éphéméride. Voilà qui était fait. Arracher un jour, quelle horreur ! Vous voyiez, ce genre de calendrier qui se détache, épais en janvier, minuscule en décembre. Arracher un jour ! On pouvait aussi bien y voir de la sagesse, oui, oui. Je n'étais ni roi ni comète - car on parlait aussi de l'éphéméride des comètes. Je n'avais jamais tenu de journal. Je me fusse volontiers perdu avec vous dans la polysémie de ce mot,  de l'ambigu secret à l'ambiguë gazette. Une autre fois. Ne vous abonniez pas ici. Feuilletiez au hasard sur la Toile, un jour j'y serais, parmi d'autres, et parmi eux appelé à durer autant que dureraient le réseau et l'énergie électrique en continu. Surtout il me fallait, sans même prétexter un séjour à l'hôpital, il me fallait, donc, pour écrire, écouter ; et puis faire silence pour écouter ; et puis du temps pour faire silence. L'époque me seyait assez mal, j'en convenais. Voyiez à ce sujet le syndrome des Japonais à Paris. 
      Adagietto à vous.

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