lundi 20 février 2012

JIANG JIE (1245-1310) / SUPPLICATIONES II

Dans ma jeunesse, j'écoutais la pluie dans les maisons de plaisir ; les tentures frissonnaient sous la lumière rouge des candélabres.

Dans mon âge mûr, j'ai écouté le son de la pluie en voyage, à bord d'un bateau ; les nuées pesaient bas sur l'immensité du fleuve ; une oie sauvage séparée de ses sœurs appelait dans le vent d'ouest.

Aujourd'hui, j'écoute le son de la pluie sous le chaume d'un ermitage monastique. Ma tête est chenue ; chagrins et bonheurs, séparations et retrouvailles - tout est vanité. Dehors, sur les marches, les gouttes tambourinent jusqu'à l'aube.

                                    Jiang Jie,
                                    cité par Simon Leys ; traducteur non précisé.
                                                                                    

1 commentaire: