jeudi 14 février 2013

ELLE N'EUT PLUS FAIM

Pour C.H., et d'autres, mais surtout pour elle.

Le pays où elle est 
Est partir sans partir en repartant
Filles pleurons notre autre
Elle est reperdue
Et n'a même pas la foudre
Que nous lancions 
Au jeu du rire de la foudre

Le seul mot pays lui va
Lui seul et étranger contre elle
Serrons-nous serrons-nous filles
Le sein contre importance
Le premier sang voilé de sang 
Quant au sexe encore perdu  
Il se cache devant il se cache
Cet amour ce coquin ce malheur 
N'importe elle n'a pas su
Où était l'eau et où était la lune

O pays de nos corps
Montrons nos nuits trop nuits
Nos salives nos liquides
Mieux rythmiques que nos coeurs
Souvenons-nous de sa fièvre
Elle que l'enfance (la fausse)
N'a jamais, jamais, quittée


je n'étais pas médecin, il fallait que je réfléchisse au trouble et à l'amour non sans retour - ce n'était pas ainsi qu'il convenait d'en parler - que les anorexiques suscitaient souvent chez les autres ; plusieurs qui furent soustraites à mon enseignement (donc de douze à quatorze ans) ainsi qu'à leurs familles, et l'une, l'année dernière, de vingt-cinq ou plus, dans une clinique, avec qui j'avais entretenu une conversation des plus aimables et des plus intelligentes (mais je n'étais pas naïf, j'étais averti), qui était morte deux jours plus tard : je n'avais pas mesuré sa faiblesse. 


 

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