lundi 18 mars 2013

AIMES-TU LE VENT OU LE CONTRAIRE 5, 6




Ma robe ma margelle disent ces filles
Assises au centre de leur sang
En linges de profonds mondes
Eparpillées par le coeur
Le je au fond du puits là-haut
Ma très amie ma très jolie sanglante
Voit quelques lunes voit quelques autres 
O hibou ô tic-tac de l'oeil pur 



*


Pour Lydie. 


Mais le silence ne viendra pas
En silence en trouant les mots
Et mon accordéon le pauvre
Il va où va le train du monde
A la gare Déraillement 
Heureuse rengaine, veille mon esprit ! 
Le chant s'exile où la brodeuse
Reprend les larmes décousues


3 commentaires:

  1. C'est vachement bien.
    Voilà de la vraie poésie ! Pas de verbiage merdique juste des idées-force qui percutent l'inconscient et entrent en résonance avec le moi profond. C'est le cerveau droit qui s'exprime directement, la sphère de la communication non-verbale, celle de la musique, de la géométrie et du dessin.
    Quand je lis tes trucs, les idées me viennent directement.
    Il faudra vraiment qu'un jour on trouve le temps de bosser ensemble.
    A+
    Marcus

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  2. Voilà aussi un vrai commentaire. L'occasion de m'incliner, tel l'artiste, et ce n'est, non, jamais une pose. "Je ne sais jouer de rien" chantait Trenet. Mais si, il savait. C'était là l'unique pose qui est la mienne, vous le savez : comment faire le silence (le vrai, pas la mouche qui vole) avec les mots, et les mots avec le silence (les vrais mots, ceux qui parlent à la dimension qui est la nôtre, et non à quelqu'un ; non au premier venu, mais au premier survenu). Et je ne suis pas le seul. Ce temps partagé entre mondialité et identité, les deux aussi violentes, doit passer et nous devons le subir. Mais si nous n'acceptons pas l'enseignement de notre époque, nous sommes indignes de notre naissance, de tout ce qui nous a conduits à elle, éventuellement de notre descendance, et en tout cas de l'envie de vivre et de mourir de la Terre.
    Merci en particulier Guillaume, Kwarkito, Marc. L'exercice de réagir à un poème en ligne est nouveau est ardu. Vous me réchauffez le coeur. Merci autant à tous ceux qui lisent et laissent résonner. Je ne souhaite rien, sauf au passage(me-vous) délivrer et (me-vous) aider à nous déconnecter des enchaînements paresseux que nous dictent notre époque d'excès de mots et d'images. C'est ainsi que je préfère, dans un domaine que je maîtrise mal, non seulement "la ligne claire" mais la démarche claire de Marc Mosnier, aux "concepts" fumeux d'une société exsangue. Car c'est toujours derrière le clair qu'on découvre l'obscur et vice-versa. Ca fait Victor Hugo, ce paradoxe érigé en système. Je peux vous assurer que cet auteur passe mieux que tout autre auprès des jeunes, si on ose - enfin de ceux des jeunes qui au-delà du système se saisissent tout seuls de leur alphabet. Mais le paradoxe, non, ne dit pas un combat : il dit, en broyant nos pauvres moyens, un être qui ne peut être que paix acquise.

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  3. voilà deux tres beaux textes. Bravo

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