jeudi 4 avril 2013

MADAME TRISTANE BANON

Ipsa Lingua n'observait pas madame Banon sous l'angle de sa médiatisation.

Ni de ses livres. Ni de sa figure. 

Mais de son aventure.

La médiatisation réussissait son affaire au point de nous attacher à l'étranger plus qu'au nôtre, de nous tromper dans nos priorités. En ce sens on pouvait dire, pour être concret, qu'une tempête à l'autre bout du monde pouvait pour peu qu'on regardât la télé retarder le changement de couche de notre bébé, la signature au bas du carnet pour notre adolescent ("notre ado", au passage, était une expression risible quand nos ados Philippe-Auguste et Richard Coeur de Lion avaient déterminé l'Histoire etc.) 

J'avais ce défaut de sortir du sujet : de m'en tenir à mes propres associations qui n'étaient pas les vôtres. Le cerveau droit, quoi. Enfin gauche, car j'étais logique aussi. Question d'équilibre ? Oui pour le confort, non pour l'apport (ce qu'on appelle le génie). 

J'étais médiatique puisque je consentais à l'exercice du Blog. J'avais été un tout petit peu journaliste, elle l'avait été beaucoup.

Moi c'était à pas de loup que je m'approchais d'elle. Pas pour la violer Mesdames Messieurs. Au moins sa sécurité, et elle le méritait, était qu'elle n'était plus violable. Mais on ne savait jamais et je me proposais, toute blessée et coquine qu'elle fût (mais pas menteuse). 

Jouer à être son papa était moins dangereux en apparence. En apparence, oui.    


Tristane Banon était la pire accusatrice de l'homme qui l'avait, fût-ce un instant - mais un horrible instant, un instant meurtrier - privée de sa liberté, parce qu'en même temps, elle était la femme qui l'avait le plus épargné. En même temps et sans l"avoir attaqué, elle s'empêchait de pleurer sur lui - ce qui évidemment était le premier soin à apporter au bourreau. Non. A soi. A la petite suite fragile.


Nous vîmes beaucoup son visage. Faute à elle si beaucoup fantasmèrent ? Je vous rassurais, Madame, votre beauté était réelle, celle de Nafissatou, à mon sens, non. C'était quand même clair, non ? Moi d'ailleurs qui me mettais à vous parler, j'étais peut-être myope non corrigé, avec une mauvaise haleine, et gros - je faisais exprès de mettre gros en dernier parce qu'ils avaient toujours des complexes - mais dans ma jeunesse bien des gros m'avaient volé des filles (oh qu'ils étaient plus rassurants que moi, ces sales gros !).

Ipsa Lingua comprenait qu'elle était surtout NOCTURNE. Madame Banon, non, n'était pas que des yeux, des mots qu'il fallait bien proférer. 

Il arrivait qu'elle dormît. Que le sommeil lui délivrât, et nous délivrât, d'autres choses. Je pourrais développer, vous faire sentir. Je n'avais pas le temps aujourd'hui. Des clairvoyants comprendraient, et même mieux que moi.

Comme je commençais à déconner j'arrêtais, d'autant que le risotto m'attendait. 

J'espérais continuer. Ne cédiez à rien. Vous étiez qui je ne connaissais pas. Mais inutile de résister à qui donnait pour IPSA LINGUA


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire