samedi 29 novembre 2014

LA TOILE COMME REPOS

     C'était provisoire, nous le savions tous, comme le Big Bang était nécessairement provisoire. Quand, absorbés par le quotidien, la solidarité, l'âge qui venait - image savante car la seule vie qui  vit est sans doute de n'occuper son âge qu'avec raison, et ici qu'on ne me dît pas que les vieux ont l'avantage, c'était une supercherie -, le deuil, la joie, l'obsession quelconque, l'observation de l'autre - très proche ou lointain -, la pression de l'employeur ou de l'employé, la malhonnêteté inattendue d'un proche, la guerre, mais oui la guerre, nous harassaient, eh bien je trouvai dans cette journée très fatigante une manière de me reposer. Exercé à la relaxation, je n'y arrivais pas. A manger, car manger détend, l'occasion ne s'y prêtait guère et je vous épargnerais des détails rabelaisiens. A boire, fumer et autre, j'étais encore assez décidé pour ne pas m'enfoncer plus bas. A trouver sur la Toile les films qui convenaient à mes fantasmes sexuels ? Il fallait bien m'avouer que non, c'était juste réflexif. La sieste ? Trop longue, elle eût déréglé mon sommeil. Alors ?

Alors, la Toile se guérit parfois elle-même. Incapable, par fatigue, d'agir - de parler, de répondre, d'inventer - mon instinct me conduisit à relire non pas ce blog, mais tel ou tel e-mail (reçu surtout et parfois envoyé) et de faire le tri, et, pour aujourd'hui, cela me suffisait. Car certains de ces courriers, parfois anciens, étaient des forces.

Souhaitant aux partisans des phrases courtes de pencher leur attention sur les phrases longues et à tiroir : ce sont celles-là, plus informatiques, qui conviennent à nos cerveaux à moins de rendre ceux-ci externes.       












1 commentaire:

  1. Bravo, beaucoup ont lu tout de suite. Mais relisez car j'ai corrigé des fautes. Et il y en a d'autres : sûrement, si on me cherche.

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