lundi 19 janvier 2015

CULTURE DU DIALOGUE II

Aujourd'hui j'étais une femme, comme l'autre jour j'avais été Charlie, alors que je ne l'étais ni l'un ni l'autre, c'était ça les saltimbanques et m'installer dans cette catégorie n'était pas me dédouaner, mais penser à ma maman, juste défunte. Enfin non mais pour moi elle était toujours juste défunte. 

Donc, oui :

- Enlève ton tchador.
- Mais Madame, je l'ai enlevé.
- Ça ne se voit pas. Il est encore plus sur ton visage quand ton visage est nu.
- Vous heurtez ma conscience, vous allez trop loin.  Tu me cherches, quoi.
- Toi aussi tu heurtes ma conscience de femme, de féministe et de laïque.

(au fond de la classer, deux garçons)

- Elles sont bonnes hein toutes les deux, quand
 elles se bastonnent.
- Tu es malade.
- Branle-moi sinon t'es mort. Vite. 



Tout est réel, avec collages. Témoignage tantôt direct, tantôt non. Mais les citations sont exactes. Certaines ne datent pas d'hier. Les "journées", révolutionnaires ou consensuelles (14 juillet 89 ou 14 juillet 90, fête de la Fédération), sont dérisoires, mais répondent par l'instant au poids de la paresse et, ce n'est pas négligeable, à un remerciement obscur et on ne sait pas toujours à qui ou à quoi d'être en vie, d'avoir un espoir touchant. Mai 68 est venu sur une France qui avait bien le droit d'être enfin tranquille et prospère, de la part de jeunes pour qui tranquillité était hibernation. Choc de génération. La guerre d'Algérie, un million de morts je crois, n'a pas changé les sociétés. Mais ce mai, presque rien en soi à côté de règlements de compte à Marseille ou ailleurs, a fait changer de siècle. A levé les femmes. Il est possible que les 7 à 11 janvier aient aussi bouleversé les donnes. L'histoire est à renifler. Trop tôt pour ne pas dire des bêtises. Trop tard pour rester paresseux. Par où que nous saisissions notre pensée, elle abdique parce qu'une paresse de trente ans ne peut aboutir qu'au silence devant les paradoxes accumulés. Identité et mondialisation (un exemple !) : Libre circulation (des grains, des hommes, des idées), et identité (famille, village, couleur, langue, nom, blason- je pense à mon ami Marc - et je vais trop vite car, royaliste sans doute quelque part, je crois pérennes les différences entre pays d'état et pays d'élection  : mais les rois eux-mêmes ont doucement ou violemment effacé la différence : les rois de France ont été les premiers Jacobins). Faut-il donner priorité à l'une, quand on a deux exigences ? La deuxième que je cite (identité) est la plus ancienne, la plus facile en apparence, la plus réflexe. La première, celle de Voltaire, disons, a joint dans le panache la France et la naissance des Etats-Unis, pendant que l'Angleterre, où c'était déjà fait, plongeait la Terre dans le monde industriel. De tout cela ressortent de curieux voisinages (pour la pensée) : Chevènement - Soral ? Que mets-tu en premier, Andalou : Schengen, l'Espagne, ou l'Andalousie ? Plus, moins de fonctionnaires ? Où l'argent, comment l'impôt ? Où l'argent, où la guerre, où l'argent de la guerre ?

Je m'essouffle pour aujourd'hui.

Déjà que je n'avais plus l'habitude de parler au présent. 

Ah ! J'avais beaucoup de lecteurs mais pas assez de commentaires. Pour la poésie je comprenais, seul Guillaume possédait l'art de commenter poétiquement un poème. Mais là, alliez-y. 










Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire