vendredi 10 avril 2015

SYLVIA PLATH



1.


The air is a mill of hooks -

L'air est tissé d'hameçons




2.




                    For a fatherless son



You will be aware of un absence, presently,
Growing beside you, like a tree,
A death tree, color gone, an Australian gum tree -
Balding, gelded by lightning - an illusion,
And a sky a pig's backside, an utter lack of attention.

But right now you are dumb,
And I love your stupidity,
The blind mirror of it. I look in
And no face by my own, and you think that's funny.
It is good for me

To have you grab my nose, a ladder rung.
One day you may touch what's wrong
The small skulls, the smashed blue hills, the godawful hush.
Till then your smiles are found money.



3.



                                                     
                                                          Lyonnesse









5 commentaires:

  1. Pour 1. Qui a mieux dit, non les toutes sortes de phobies, mais les crises d'angoisse auxquelles conduit un air tissé d'hameçons ? Moi ça m'a gâché la vie, l'angoisse, et je n'ai pas trouvé cette image de Sylvia qui, pour moi, (inventez les italiques parce que je suis dans un commentaire où j'ai moins de libertés avec les signes), qui, pour moi, donc (oui, après, il faut se reprendre, même sans Alzheimer) est l'exemple même du Poète, perdant son temps à trifouiller les mots et lui-même, donnerait du temps à gagner aux médecins qui n'ont pas le temps d'être médecins tellement on leur enseigne la médecine-charcuterie à juste titre. Moi, au lieu de me donner des benzos, à dix-huit ans on m'aurait dit "l'air est tissé d'hameçons", j'aurais compris.

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  2. Pour 2. Là c'est privé, mais le livre m'est tombé des mains et j'ai pleuré. A chaque mot. Trop long pour la traduction (les "sans-pères" sont tous anglophones sauf moi, là). A chaque, chaque mot, tout est là et je vous épargne cinq pages que je pourrais intituler "Autobiographie comparée"; bien ça, tiens, au passage, me pique pas ce titre ou c'est le procès direct, et je suis prems. L'innatalité et la réincarnation étant pour moi, évidentes, chrétien que je suis mais hors dogme, d'autres choses sont là en jeu puisque Sylvia et moi... nous fûmes contemporains. Donc désincarnation et réincarnation sont autre chose. Mais, que qui comprend comprenne, à la lueur de cette certitude, les contemporains ne sont pas contemporains par hasard. Rien n'est par hasard.

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  3. Pour 3. Lyonnesse. Là c'est facile, juste un titre. Le traducteur a d'ailleurs traduit Lyonnesse par "Ys". Bon eh bien remonte dans le Blog, passe par wikipedia, tout y est. Laisse-moi pleurer, pleure toi-même, ça et le rire c'est bon pour la santé et on a de moins en moins le droit.

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  4. Merci pour la découverte. Émouvant, cette sororité, et son pouvoir thaumaturgique.
    Auriez-vous entendu cela à dix-huit ans ?
    Traduire c'est découvrir deux langues, et entre les deux, cette forme que le langage donne au sens. Mais toujours pas, le sens :)

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  5. Le sens, pour moi, est hors langue aujourd'hui. Des gens de science sont à se demander si le langage humain n'a pas sauvé ces messieurs-dames sans arbres, sans poils, allant au nord en pleine glaciation. Quel langage ? Le magique et le scientifique étaient conjugués sans nul doute. Un, dans le clan, devait convaincre les autres. Il devait être vieux et parler. Ou jeune et avoir tué un animal stratège, impossible, du genre un autre homme. Au sens où mon chat me prend pour un plus grand chat... en se doutant quand même d'un truc bizarre, mais bon, la vie consiste à se sentir bien : la vie de l'âme, de l'anima, de l'animal, consiste à mieux comprendre l'instant parce que rien en mon organisation ne consiste à envisager l'instant suivant. D'où l'intensité inimaginable pour nous de l'instant, chez l'âme pure. Sylvia Plath est le type de l'âme dominant et le corps et l'esprit. Mais, pour ainsi dire, son âme s'exprime avec les termes de l'esprit, du mental. "Le mur m'attaque parce qu'il est jaune", j'invente cela, mais Sylvia nous livre l'équivalent à chaque vers, en toute impudeur et pour son âme qu'elle a hypertrophiée, et pour son mental qui n'est que sonorité, prosodie, voire édition, nous livre, dis-je, ce que ma chatte Equinoxe me livre quand elle griffe ou ronronne. Ainsi, pour ce qui me concerne, mon corps physique m'est relativement indifférent. Mais, chez moi, âme et esprit se heurtent : s'exprimer par le poème est ce que tu vois, entends, lis, de ce combat. En gros, dans cette vie j'ai échoué à être artiste et échoué à être savant parce que les deux ont occupé leur temps à se fâcher et le combat... je crois, profite un peu à l'artiste, mais un peu tard.

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