vendredi 26 juin 2015

ALLEZ LES BLEUES

     Pourquoi soudain connaissais-je toutes les règles ? D'ailleurs quand les avaient-elles chacune ? Etait-ce que  la lune marquait un but ? Moi je me souvenais du martyr de jouer au foot, d'avoir le talent de me prendre un ballon dans la gueule, même de loin. Moi qui étais joueur (pas de foot), je détestais ce sport non violent en théorie mais qui faisait des blessés graves, et qui, pour un seul chiffre, se jouait au jugé de l'arbitre ou aux tirs au but. Sans parler du fric. Insatisfaisant pour le joueur comme pour le lutteur comme pour le paresseux que j'étais. C'était, je le savais  aujourd'hui, que j'étais  le petit maigre trop chouchouté et trop peu chouchouté par sa maman. Prems à la corde, bon au sprint, tricheur à l'endurance. Mais le foot, la voilà la blessure inguérissable. Rien que voir un stade avec une pelouse bizarrement parfaite et des rayures blanches ; d'entendre le public et de le voir crêté, tatoué, alcoolisé, peint aux couleurs de sa nation ou de son club  : c'était bien la seule chose qui me fît  accepter d'être témoin à un duel d'honneur, à l'aube dans un silence de rigueur,  c'est-à-dire en toute illégalitė, à l'ancienne. Quand je dis témoin, j'espère seulement témoin. Je me demandais juste pourquoi quand les filles jouaient, JE PLEURAIS. C'est encore le journal de la veille, puisque je veille sur elles et elles n'ont pas encore gagné ce soir.
   Sinon vive  le rugby où on ne fait pas semblant de croire que l'enjeu est tout rond.


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