samedi 24 octobre 2015

PROMENADE












Trois dames déjeunent, elles sont douces et détruites. Le vent est passé par le passé. Je connais, j'aime, quelque chose. De lassé parmi nos paroles. D'ardent, de réel, comme entre nous. Comme deux chemins bifurquent par le silence. Pour arriver là, eux aussi. 

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Et je parle par le vent et je parle par la bouche étrangère, et soudain l'oiseau tient la note est je suis le grand poète. Exilé du grand poème.

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La promenade c'est du temps appelé comme ça. Tu t'assois je m'assois. Si on repartait ? Ce banc devient plus lourd que le froid.

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Quant à mon ciel, il y poussait une branche si douce que s'y posait la foudre.

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Linges d'air, entre le bleu et l'oubli. Les soirs d'été, la parole est une herbe sans le souffle.

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Tes bras tes longs seaux, tes seaux sans puits où puiser, tes bras autour du cou du monde, qu'est-ce qui me détache de tes bras ? Et me fait tomber au fond de moi-même comme au fond d'un sac ?

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Entre tes doigts, un peu d'air, très joli et mince, un bon millier de cordes de harpes.

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Viens à moi en sabots de soie, en mendiante en sandales de la mer, viens avec tes dix visages avec les quatre vents fous, viens avec mes propres mots qui me pulvérisent.

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On devise par là, on en meurt par ici. Le parc ferme ses grilles. Le sosie du vent le remplace. Des hurlements de silence succèdent au silence.     


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