lundi 30 janvier 2017

FRAGMENTS DE JOURNAL IMPOSSIBLE / SENTENTIA

Ce qui est dur... Je n'aime pas "durable". Ce mot veut dire que ce qui est dur va durer.

Si c'est dans ce sens, non. Mais enfin les mots sont les mots, non ?

Ce sont nos mots qui nous traduisent. 

Pas nous qui traduisons les mots du voisin - ils sont les mêmes autrement.

Ce qui est dur... c'est de te parler. 

De me traduire moi-même. Dans une langue qui dès qu'elle quitte ma gorge (la gorge est plus près du cœur) n'est pas ma langue.

Là-dessus :

Si, étant poète, je quitte les mots, je dois utiliser une langue simple et normée.

Car les mots sont à la fois mon matériau et ce que, professeur de français, je dois et veux transmettre.

Les mots sont des sauvages. Et sont des civilisés.  

Dois-je dire LES mots ou MES mots ? C'est la question posée par "les" mots.

Les mots seraient-ils le fauve écoutant soudain ? (Tu vois son changement d'attitude, il a du sang à la bouche car il est prédateur ; il n'a plus de souffle car il est proie ; en tout cas il nous interroge. )

Quand je dis "fauve", je ne dis pas seulement loup, je dis biche.

Et ces deux fauves, soudain, s'arrêtent : écoutent L'HOMME.

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LA LIBERTE N'EST PAS UNE STATUE.

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